Fleur Pellerin et Heremoana Maamaatuaiahutapu évoquent une nouvelle convention culture

15 Janvier 2016
Fleur Pellerin et Heremoana Maamaatuaiahutapu évoquent une nouvelle convention culture
Fleur Pellerin et Heremoana Maamaatuaiahutapu © Marc Hélias

Le ministre polynésien de la promotion des langues et de la Culture a été reçu, lundi 11 janvier à Paris, rue de Valois, durant une heure, par Fleur Pellerin ministre de la Culture et de la Communication. Au cœur de leur échange : le code de la propriété intellectuelle, la convention culture Etat-Territoire, le centre culturel, l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco et la sauvegarde du Ori Tahiti, la danse polynésienne.

Heremoana Maamaatuaiahutapu a attiré l’attention de Fleur Pellerin sur le fait que le code de la propriété intellectuelle, qui regroupe les anciennes lois régissant la propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique, était peu adapté aux réalités de la Polynésie française. Il a donc suggéré qu’un code polynésien soit rédigé.
Il a soulevé, notamment, le problème du reversement des droits d’auteur aux artistes polynésiens. Actuellement, ce qui est prélevé par les sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur (SPRD) de métropole entre dans un pot commun national et cela ne profite pas réellement aux artistes de Polynésie française.
L’idée avancée par le ministre de la Culture polynésien serait que les diffuseurs locaux reversent directement les droits prélevés en Polynésie, pour une plus juste répartition.  
L’envoi d’une mission juridique du Conseil d’Etat a été évoqué.

 

Un grand centre culturel

Depuis la convention-cadre culture, signée en 1993, (et rendue caduque depuis plus de dix ans) aucun partenariat d’envergure n’a été scellé entre l’Etat et la Polynésie française sur le plan culturel. Seules deux conventions s’appliquent encore.  A savoir celle passée avec le conservatoire et une autre avec le musée de Tahiti qui se concrétise en 2016 par le prêt d’objets au musée du Quai Branly dans le cadre de l’exposition consacrée aux Marquises.
Fleur Pellerin et Heremoana Maamaatuaiahutapu ont convenu que la coopération entre l’Etat et la Polynésie française mériterait d’être repensée. La ministre a évoqué la possibilité d’une nouvelle convention cadre, de telle manière que soit établi un plan sur plusieurs années avec des objectifs stratégiques bien définis.
Heremoana Maamaatuaiahutapu a souligné que la maison de la culture jouait pleinement son rôle.  Avec 350 000 visiteurs par an, elle fait mieux que le centre Tjibaou à Nouméa qui en reçoit 80 000.
Pour autant, les lieux deviennent exigües (au regard de sa fréquentation la bibliothèque devrait ainsi faire 1 500 m2 de surface alors qu’elle n’en propose que 500 aujourd’hui). Créer un grand centre culturel apparaît comme une priorité. Outre l’atout touristique qu’il représenterait, il favoriserait l’expression du spectacle vivant et de l’art contemporain.
Par ailleurs, Le ministre polynésien de la promotion des langues et de la culture a informé Fleur Pellerin qu’il était aussi à Paris pour le dépôt du dossier d’inscription de Taputapuatea et évoquer celui des Marquises.

 

Protéger le Ori Tahiti

Enfin, Heremoana Maamaatuaiahutapu a sensibilisé la ministre de la Culture et de la Communication sur la nécessité d’inscrire le Ori Tahiti au patrimoine mondial de l’Unesco. A ses yeux il importe de protéger, sans tarder, la danse polynésienne. Et ce, au moment même, où elle connaît un engouement mondial. Au Japon l’on dénombre aujourd’hui 300 000 pratiquants, soit plus que la population totale de la Polynésie française. Ce qui ne laisse pas d’inquiéter le gouvernement de la Polynésie française qui craint qu’avec le temps, ce patrimoine n’échappe aux Polynésiens.  

François Hollande est attendu en Polynésie française début février dans le cadre d’une visite présidentielle d’une semaine qui le verra séjourner en Amérique du Sud, puis dans le Pacifique. A l’occasion de son entretien avec Fleur Pellerin, Heremoana Maamaatuaiahutapu a manifesté le souhait qu’elle accompagne le président de la République.
Cet entretien a eu lieu en présence de Nicole da Costa, Conseillère spéciale chargée du développement culturel des territoires, de l'action éducative et des pratiques culturelles et artistiques auprès de la ministre de la Culture et de la Communication.
 

Réseaux sociaux

Partagez cette page sur les réseaux sociaux :